Bande-annonce, épisode 8

Pablo de Santis sera l’un deux deux invités polars (avec Carmen Posadas) du Festival Impressions d’Europe axé, cette année 2018, sur les littératures argentine et uruguayenne dont j’aurais l’honneur de modérer le débat. C’est à Nantes, au Grand T.

Le programme, c’est là :

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Dring ! Dring ! Dring !

Bonjour, heu… j’appelle pour la Bande-annonce, c’est encore valable ? Bon, ben heu… alors, ça m’intéresse.

C’est un roman de vérité : « Quand Maldany mourut, il y avait longtemps que l’intérêt pour l’écriture crétoise s’était complétement éteint. Il aurait voulu être Athanassius Kircher et découvrir un monde plein de beauté et de sens : il lui échut d’être Champollion et de devoir se contenter de la vérité. » (page 88) « Et comme vous le savez, le manque d’argent est la dixième muse. Les neuf autres sont des usurpatrices. » (page 92) « Nous autres, lecteurs de langues perdues, scrutateurs des symboles que cachait la réalité, ne prenions pas la peine de déchiffrer les signaux de la catastrophe. » (page 93) « Il ne fait jamais aussi sombre qu’avant l’aube. » (page 205) « Nous étions une agence de presse spécialisée dans les mauvaises nouvelles, nous étions l’agence de presse qui donnait des nouvelles des morts. » (page 263) « Je lui dis seulement que si j’avais appris quelque chose de son père, si j’avais appris une seule chose pendant toutes ces heures passées avec lui, c’est que nous pouvons déchiffrer n’importe quel message, sauf celui qui nous est destiné. » (page 375).

C’est un roman de mensonge : « Après 1976, aucune institution ne servit de protection, pas même l’Église catholique. Mais il manquait encore un an avant le coup d’État militaire et même le Cercle des Cryptographes pouvait servir de refuge imaginaire.»  (page 149) « Je n’ai pas l’habitude de promettre. Une promesse est un mensonge différé. » (page 165) « Bobby Tarrès me regarda comme si j’étais un gosse auquel on a expliqué que le père Noël c’est les parents, que les Rois mages, c’est aussi les parents, mais qui garde encore l’espoir que la Petite Souris existe. » (page 215)

 C’est un roman qui interroge : « – Ce que je veux faire, c’est un traité qui décrive en détail le langage de l’ennemi. Sa grammaire, sa rhétorique, son répertoire de métaphores. Sa haine de la religion, sa fausse logique, ses mensonges imposés. Les lois de la radiation. Ils répètent ce que nous disons, mais avec des points d’interrogation. Nous parlons avec des majuscules, nous parlons fort, nous sommes trop sûrs de ce que nous disons. Nous parlons comme si nous étions dans une caserne, nous n’apprenons rien de la subtilité, de la rumeur qui s’infiltre dans les consciences. Ils parlent entre guillemets, en italiques, ils mettent tout en doute. Nous ne savons pas demander et pourtant il n’y a aucun mot aussi dangereux qu’un point d’interrogation. » (page 246).

C’est un roman dans lequel l’écrit s’efface au profit de l’oral : « Mon enseignement est oral, comme celui de Socrate ou de Jésus-Christ, plaisantait-il. L’écriture tue, l’esprit vivifie. » (page 74).

C’est un roman policier qui parle de romans policiers : « Parfois, Colina Ross le trouvait dans son bureau, ou sur un banc du parc en train de lire des romans policiers. Mais ce n’étaient pas les romans en eux-mêmes qui plaisaient à Maldany, l’intrigue concentrée dans une maison de campagne, un train immobilisé dans la neige, ou un grand hôtel. Les couvertures des livres que choisissait Maldany abondaient en scorpions, boules de cristal, hiéroglyphes égyptiens, mains brandissant des poignards orientaux. Ses auteurs favoris étaient Edgar Wallace – que Colina connaissait par les éditions Tor de Buenos Aires – et deux écrivains dont il ne savait absolument rien : Talbot Mundy et Leo Perutz. » (page 75) « – Quand je lui demandais pourquoi il lisait cette littérature, que personne ne prenait au sérieux, il me répondait : je la lis pour que le monde me paraisse de nouveau mystérieux.» (page 167) « Si le roman policier a triomphé partout, c’est parce qu’à un moment ou un autre de la vie, nous jouons tous les détectives, mais pas pour enquêter sur un crime ; c’est la jalousie qui fait de nous des déchiffreurs d’indices, des chercheurs de la vérité qui sommeille sous les apparences. » (page 219).

C’est un roman de Pablo de Santis, publié chez Métailié.

Ça vaut 22€.

Y a 375 pages.

La fille du cryptographe, bientôt dans votre bibliothèque !

C’était Jack NEVER, vous me tenez au courant, hein ?

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