Les ZAD de Marin Ledun

Parce que nous sommes toujours près d’un 14 juillet, j’ai cru nécessaire de demander à Marin Ledun s’il restait non pas des bastilles à prendre mais des Zones A Défendre… Ce sont mes questions, voici ses réponses….

 

Résultat de recherche d'images pour "Marin Ledun"photo archives isabelle louvier / « sud ouest »

 

 

Une ZAD littéraire ?

Moby Dick de H. Melville

 

Une ZAD politique ?

L’abrogation de l’Orientation Client et du Management Qualité

 

Une ZAD médiatique ?

No Portable !

 

Une ZAD sémantique ?

La montée de l’insignifiance

 

Une ZAD argotique ?

« Putains de fascistes de merde ! » (dixit Kusturica dans Underground, à propos de tous les putains de fascistes de merde)

 

Une ZAD sexuelle ?

Et la tendresse bordel !

 

Une ZAD alimentaire ?

La soupe de châtaignes « Première des Vans »

 

Une ZAD viticole ?

In Cornas veritas

 

Une ZAD SFCDT ?

La cueillette des champignons

 

Une ZAD picturale ?

L’esthétique de l’inutile

 

Une ZAD historique ?

Qu’on leur fiche la paix !

 

Une ZAD sportive ?

Les 24 heures de Villenave d’Ornon

 

Une ZAD populaire ?

Des océans propres

 

Une ZAD vestimentaire ?

L’abandon du pull à col roulé vert

 

Une ZAD animale ?

Ça sert à quoi, les tiques, au fait ?

 

Une ZAD cinématographique ?

Bannir l’expression « trop anxiogène » du vocabulaire des producteurs

 

Une ZAD architecturale ?

Le palais idéal du facteur Cheval (et les cabanes de Cyril Herry)

 

Une ZAD photographique ?

Les amoureux qui se bécotent sur les bancs publics

 

Une ZAD offensive ?

Jean-Bernard Pouy

 

Une ZAD finale ?

La formule

 

Questions : François Braud / Réponses : Marin Ledun

 

 

Maintenant on sait qu’est-ce qu’il dit ? Mais qu’est-ce qu’il fait ?

Marin Ledun vient de publier Salut à toi ô mon frère en Série Noire chez Gallimard. Une saga familiale roborative qui avait déjà eu « l’honneur » de la haïkaisation sur BBB :

« La trappe du grenier se soulève en grinçant, libérant… ta lettre de démission ? »

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La tribu Mabille-Pons est composée d’un père clerc de notaire (qui travaille son concours de notaire), une mère infirmière bouillonnante (qui hurle sur les flics), six enfants dont Camille (au collège), Rose (la narratrice), Antoine (apprenti boulanger), Ferdinand et Pacôme (étudiants) et Gus (le petit dernier). Gustave manque à l’appel à l’heure où commence le récit. – Tu es où ? […] – Rose, c’est pas moi, je te jure ! […] Je n’y suis pour rien.

Dans quoi s’est-il fourré ? Un braquage. Et sa tête d’enfant adopté colombien est sur les vidéosurveillances. Bon, il va avoir bien besoin de toute sa famille pour le sortir de là. Mais entre la mère anarchiste qui va insulter les flics (sur trois anars deux flics ?), les flics qui vont accuser le Gus et mettre la mère sous sédatif carcéral, Rose va devoir mener la barque, priant pour naviguer sur ce qu’il n’aimerait pas être le Styx. La smala va tout mettre en œuvre pour innocenter Gus, pas facile, le petit dernier, il a le faciès bronzé et dans une petite ville franchouillarde, il a l’âme du bouc émissaire idéal.

Malaussénien en quelque sorte ce roman. Une ode prônant l’atypisme, l’envie d’union, la différence en étendard, au mépris des habitudes et conventions mais avec des références qui font qu’on a le droit de ne pas avoir pour être.

Évidemment, on va qualifier ce roman de léger comme si la lourdeur était une qualité, de rose bonbon comme si le noir n’était pas une sucrerie acidulée, de secondaire comme si l’auteur ressortait un fond de tiroir. On va peut-être même dire que ce roman n’a que la prétention de nous faire rire. Quelle idiotie ! Faire rire est la chose la plus difficile au monde. Pour un Desproges, un Pennac, un Mizio, combien d’auteurs ont tenté de nous arracher un sourire sans se planter le clavier dans l’œil ?

Et d’autre part, ce roman est beaucoup plus « sérieux » qu’on ne pourrait le penser. Et de mettre en avant : la construction personnelle dans et en dehors sa famille, le difficile vivre ensemble, la lutte contre les préjugés – racisme et bourre anti-flics (voilà bien un argument de flic), l’adolescence, sa dépendance aux réseaux sociaux, les rapports de production dixit Manchette, l’hôpital public et son sacerdoce, la culture populaire, notre société qui marche à l’endroit vers le mur ou à l’envers droit vers le précipice et, enfin, surtout, les étiquettes : À Dominique qui est l’un des rares à avoir décelé les traces d’humour distillées dans mes romans.

Marin Ledun publie aussi au Petit Écart un texte dont je reparlerai car il n’est pas encore sorti : Mon ennemi intérieur.

On peut souscrire pour aider. C’est là :

(https://petitecart.wixsite.com/editions/souscription )

Bref, Marin Ledun est un auteur à lire et un homme à suivre.

 

François Braud

 

 

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