Les ZAD d’Olivier Thiébaut

Parce que nous sommes toujours près d’un 14 juillet, j’ai cru nécessaire de demander à Olivier Thiébaut s’il restait, non pas des bastilles à prendre, mais des Zones A Défendre… Ce sont mes questions, voici ses réponses….

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Une ZAD littéraire ?

Noir tendance humour.

 

Une ZAD politique ?

Aucune car inhumaine.

 

Une ZAD médiatique ?

Le haricot sauteur de Pif Gadget.

 

Une ZAD sémantique ?

Vivre les mots au-delà de leur sens. Vivre les sens au-delà de leurs maux.

D. Meunier.

 

Une ZAD argotique ?

Frédéric Dard, c’était mon auteur jeunesse. Mais aussi plein d’autres au verbe vif et à la plume acérée.

 

Une ZAD sexuelle ?

Le confessionnal pour les bigotes.

 

Une ZAD alimentaire ?

Le territoire des bulots.

 

Une ZAD viticole ?

Toutes les couleurs de la palette.

 

Une ZAD SFCDT ?

Farouche anti-acronymes à la con. Il veut dire quoi celui-là ?… Se Fait Coincer Dans les Toilettes ?

 

Une ZAD picturale ?

L’art brut… de pommes ou de décoffrage.

 

Une ZAD historique ?

L’âge de pierre… mais sans Paul et Jacques.

 

Une ZAD sportive ?

Une arène mondiale pour les jets de tartes à la crème.

 

Une ZAD populaire ?

Les terrains de boules et les rues de la soif.

 

Une ZAD animale ?

Les Brigitte… Macron ou Bardot. La Brigitte a un sens animal indéniable.

 

Une ZAD cinématographique ?

Truffaut pour emmerder Jibé qui préfère Godard.

 

Une ZAD architecturale ?

Le facteur Cheval et d’autres illuminés dans son genre.

 

Une ZAD photographique ?

Celle des reporters de guerres ou de guère, hélas.

 

Une ZAD offensive ?

Non, je suis a priori pacifique. Sinon on n’aura jamais la paix.

 

Une ZAD finale ?

La Zadomasotsétoung… Petit festival méconnu même par les Chinois.

 

Questions : François Braud / Réponses : Olivier Thiébaut

 

 

Maintenant on sait qu’est-ce qu’il dit ? Mais qu’est-ce qu’il fait ?

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Comment devenir le patron d’un groupe qui pèse deux milliards d’euros et emploie plus de 22 000 personnes dans le monde lorsqu’on est l’enfant d’une femme répudiée et que l’on est destiné à être un berger ? ou Comment devenir Qaher quand on est que Maïouf ?

Vous avez toujours rêvé d’être berger ?

Pas Maïouf. Lui, ce qu’il veut, c’est apprendre.

Maïouf, «  l’abandonné « , est l’enfant d’une femme répudiée. En Syrie. Son destin est tracé comme la marque du scorpion dans le sable. Mais il n’en a cure, il efface tout d’un coup de pied. Lui, il veut aller à l’école. Mais un berger n’a pas besoin de savoir lire.

– Ca va les moutons ?

Non, ça va pas.

Maïouf est en colère. A sept ans, il en compte autant d’années de colère.

– Avant, nous les badawi, les bédouins, comme disent les étrangers, nous traversions le désert. […] Nous étions les rois du désert. […] Et puis les camions sont arrivés…

Maïouf ne la retient plus sa colère :

– Ca veut dire quoi badawi aujourd’hui ? Nous ne sommes plus que des misérables.

Alors Maïwouf veut être Qaher,  » le victorieux « . Bien évidemment, il ne peut encore en être conscient. Mais il a planté la graine et le peu d’eau qu’il trouve va lui servir à nourrir son projet. Il traversera tous les oueds, grimpera sur les hamadas, shootera dans tous les cailloux de tous les regs, comptera les grains dorés des ergs et ni la mort de sa mère, le mépris des autres qu’on appelle camarades, l’indifférence de son père ne l’empêcheront d’avancer.

Rien ?

L’argent ? L’amour peut-être alors ? L’enfant qu’il n’aura jamais ?

Enfin, ça, c’est une autre histoire… Peut-être la plus belle.

Sur un scénario d’Olivier Thiébaut et des dessins de Juni Ba, Badawi est l’adaptation graphique du livre éponyme, publié en 1994 de Mohed Altrad, entrepreneur de l’année en 2015.

Badawi, c’est l’histoire d’une histoire, de celles auxquelles on ne croit pas. C’est plus l’histoire du refus de l’échec que de la volonté de la réussite, de l’échec que cache toute réussite plus que de la réussite que chacun tire des échecs.

Badawi, c’est un scénario ficelé entre la réalité et le rêve, un découpage ciselé entre les anecdotes et l’Histoire, un récit qui maintient le fil narratif à l’essentiel. Une vie dans le rétro.

Badawi, c’est un dessin qui s’affranchit des cases, du texte, du réalisme tout en étant respectueux des codes, des mots, de la réalité. Un chrome noir.

Badawi, c’est une belle découverte. Un roman graphique dont on reparlera. En attendant, on peut en parler…

Badawi, Mohed Altrad, Olivier Thiébaut, Juni Ba, alter comic, 2018, 12€50

François Braud

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