Bande-annonce, épisode 10

Dring ! Dring ! Dring !

Bonjour, heu… j’appelle pour la Bande-annonce, c’est encore valable ? Bon, ben heu… alors, ça m’intéresse.

C’est un roman dans lequel les mots sont un marqueur social :  » C’était une Française, de bonne famille, bien élevée, le genre de meuf qui ne dit jamais par contre mais en revanche. » (page 13).  » – (…) elle, elle lit dans les lignes de la main. Tu le crois ça ? – Putain ! Les lignes de la main… Pis quoi encore ? – Eh ben tu sais ce que je lui ai dit ? – Nan. – Je lui ai dit que moi, je lisais dans la raie des fesses. » (page 26).  » J’étais un peu en mode parano, et stressé avec ça, j’ai tout de suite senti dans l’air l’odeur de la droite. » (page 135). Et permettent l’intégration professionnelle (voir ci-dessous).

C’est un roman qui fleure bon l’Auto-Entreprise :  » Dans ma boutique je ne vendais que des T-shirts et des sweats, sur lesquels je faisais imprimer des citations d’hommes célèbres. Sauf que ce n’étaient pas forcément de vraies citations, plutôt des conneries que j’inventais. Une de mes préférées était :  » On est bon, avec les nouveaux freins ? Ayrton Senna. » J’avais aussi :  » Mais puisque je vous dis que ça passe ! Capitaine du Titanic.  » Enfin voilà, ce genre de trucs. » (…)  » La citation, c’est : « Bonjour, c’est bien ici Charlie Hebdo ?  » Et c’est signé Chérif Kouachi. « (page 16) . Et ses inconvénients :  » J’ai un cerveau plutôt rapide et j’ai évalué ma situation : catastrophique. Saïd voulait me tuer parce qu’il n’avait pas trouvé très cool mon projet de me faire des thunes sur le dos des Algériens morts et, cerise sur le kebab, voilà qu’une meuf qui prononçait mon nom devant tout le monde venait de tuer son cousin en l’écrasant entre un capot d’Audi et un mur. J’avais déjà eu des journées merdiques meilleures. (page 50).  » La situation : en cavale, pas un centime sur nous, une voiture de police volée, le tout en slip et en peignoir. Je pense que nous étions les Bonnie and Clyde les plus rignards de toute la création.  » (page 130). Et on dit merci à qui ? (voir ci-dessous).

C’est un roman qui rend hommage aux jardiniers de l’esprit :  » Duffle-coat appartenait à une catégorie bien particulière de Français : les professeurs. Celui-là était un spécimen typique, un marqueur, un poster. Il était parfaitement identique aux derniers de son espèce qu’il m’a été donné de côtoyer, l’année de mon bac. Pour commencer, il a précisé à plusieurs reprises qu’il était enseignant. On ne sait pas pourquoi ils font ça, personne, pas même eux, mais tous les professeurs le font. C’es hyper important. Imaginez un peu, si on les prenait pour le commun des mortels. Vous vous rendez pas compte, vous. Ils sont au-dessus. Ils sont supérieurs. Ils passent leur vie à donner des leçons à tout le monde, y compris en dehors des heures de boulot, du coup ils ont en permanence le sentiment de dominer leur entourage. » (page 22). Qui ont su bâtir l’école de l’égalité (voir ci-dessous).

C’est un roman sur l’invisibilité :  » C’est pourtant pas compliqué de comprendre les Français de Daech. Ce sont des blaireaux de cité qui ne sont pas aimés en France, et qui réagissent à leur manière : s’ils ne sont pas aimés, alors ils seront craints. Le problème n’est pas l’islam, le problème c’est l’absence de regard sur eux. Ils sont invisibles. L’islam ne s’est pas radicalisé, c’est la radicalisation qui s’est islamisée. Les petites racailles se sont trouvé un discours, mais leur vrai quête, c’est d’être vus. C’est du terrorisme Afflelou. Du coup ils vous font un Bataclan et, depuis leurs ténèbres, semblent nous demander : Et là, tu m’as vu ou bien … ?  » (pages 24-25). Et l’identité :  » Les mecs, tiens, qui se laissent pousser la barbe. Ils développent ce truc que les femmes n’ont pas, cette pilosité, cette virilité un peu bestiale finalement, donnée par la nature. Il n’y a aucun mérite à avoir la barbe, ça ne demande aucun effort, aucune intelligence, aucun courage, et pourtant c’est toute leur identité. »  (page 40). À la gloire de la culture :  » Ah. Ils sont défoncés, quand même, chez Arte. Ils sont les seuls à passer des films asiatiques de sept heures avec un ficus comme personnage principal.  » (page 34).

C’est un roman dans lequel le peuple populaire est présent :  » Brigitte s’est mise à quatre pattes pour que je la prenne en levrette et j’ai découvert qu’elle avait le visage de Johnny Halliday tatoué dans le dos. En énorme. »  (page 66)

C’est un roman en avance sur son temps :  » Parce que l’argent c’est quelque chose, alors que les gens, c’est juste quelqu’un. » (page 55).

C’est un roman de Jacky Schwartzmann, publié chez Points Seuil (P4885).

Ça vaut 6€60€.

Y a 182 pages.

Demain, c’est loin, bientôt dans votre bibliothèque !

C’était Jack NEVER, vous me tenez au courant, hein ?

 

Schwartzmann Demain c'est loin

 

 

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