La modernité nord-coréenne

Bande-annonce, épisode 2

 Dring ! Dring ! Dring !

Bonjour, heu… j’appelle pour la Bande-annonce, c’est encore valable ? Bon, ben heu… alors, ça m’intéresse.

 C’est un roman qui prône les bienfaits de la technologie : « Je saisis mon appareil photo, cadrai la grosse Mercedes, appuyai sur le bouton de l’obturateur. Ni clic ni ronronnement, pas de photo. (…) Je la regardai disparaître au sommet de la côte et, de dégoût, jetai mon appareil par terre. La pile était morte. » (page 16)

 C’est un roman qui suinte la modernité nord-coréenne : « Le quai n’était pas éclairé ; une seule ampoule brillait à une trentaine de mètres de là, au-dessous de voies désertes où elles ne servaient à personne ». (page 73)

 C’est un roman qui fleure bon la guerre froide toujours recommencée : « Ciel bleu voulait dire : appelle-moi au bureau tout de suite. » (page j’ai perdu la référence) et : « – Ne baissez la voix chez moi, l’ami. On pourrait penser que notre conversation n’est pas normale. Écoutez, cet endroit est infesté de policiers, d’agents, d’enquêteurs, de brutes du contre-espionnage, Chinois, Coréens du Sud, Taïwanais, Russes. » (page 150) et « – Je m’excuse d’avoir semblé impoli, inspecteur, dit-il, mais je ne voulais pas vous parler avant d’être ici. C’est plus difficile pour eux de calibrer les micros sur le balcon, là-haut. » (page 257)

 C’est un roman métaphysique qui se pose des questions : « L’écoute est l’enclume sur laquelle l’épée prend forme, le feu qui fond des balles. L’écoute est un moment de récupération pour rassembler ses esprits afin de mieux préparer l’attaque. Quand on écoute quelqu’un assez attentivement, on peut surprendre le lapsus qui pointera ses faiblesses. C’est la boussole sur la carte du champ de tir. Les gens parlent, mais personne ne veut dire quoi que ce soit parce qu’on pourrait les écouter. » (page 96)

 C’est un roman qui nous rappelle ce qu’il convient de faire en certaines situations : « Je décidai d’aller droit au but. – Une chambre ? Cela parut le ramener sur terre. – J’en ai une. Avec vue. Elle donne sur un pin. Très évocateur. – Fabuleux. Je la prends. Nous nous jaugeâmes. Je craquai le premier. – Je crois qu’il est coutume à ce stade que vous me disiez le prix, que je vous réponde que c’est trop cher, que vous me donniez une fiche à remplir, que vous vérifiez ma carte d’identité et ainsi de suite. » (page 84)

 C’est un roman, plus, un polar : « – Il faut que je signale un crime. (….) Je crois que c’est une menace de mort. – Comment ça ? – Un poisson avec un couteau planté dans les tripes. » (page 163) et : «  Il n’y avait qu’une seule chambre dont la porte était ouverte dans le couloir du septième. Même du couloir, il était évident que la chambre n’avait pas été sécurisée ni inspectée dans les règles de l’art. Nulle trace des bandes adhésives qui sont censées être collées sur le montant de la porte pour indiquer qu’une scène de crime a été visitée, rouge pour les empreintes, bleu pour la photographe de la police. Dans le temps, il y avait une bande jaune lorsqu’un garde était posté pour interdire l’accès du lieu, mais on ne trouve pus d’adhésif jaune et l’on n’en voit donc plus beaucoup sur les portes. » (page 167)

 C’est un roman de James Church, publié au Seuil Policiers.

Ça vaut 21€.

Y a 332 pages.

Un mort à l’hôtel Koryo, bientôt dans votre bibliothèque !

 C’était Jack NEVER, vous me tenez au courant, hein ?

Article paru dans l’émission des Habits noirs. Aujourd’hui, ce titre est disponible au Points Seuil Policiers (7€50). Il existe deux autres épisodes de l’inspecteur O tous deux paru au Seuil : Quand la lune disparaît et La sève et le sang.

Church Un mort à l'hôtel

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