Bande-annonce, épisode 7

Dring ! Dring ! Dring !

Bonjour, heu… j’appelle pour la Bande-annonce, c’est encore valable ? Bon, ben heu… alors, ça m’intéresse.

C’est un roman sans espoir de retour : « Son histoire déferlerait probablement tel un torrent furieux, emportant tout. Quand et comment ? Le jeune homme n’en savait rien et cela le terrifiait. Il n’était pas seulement accroupi devant une tombe, il était assis sur une bombe dont le mécanisme d’explosion venait d’être enclenché. » (page 19)

C’est un roman algérien des années 90, un roman tendre comme des incisives : « Les amabilités de l’officier au regard dur terrorisaient Ami. Où était la brutalité légendaire de la DCSA ? Quand le lion te sourit, ce sont ses dents qu’il te montre […]. «  (page 27)  » – On est les agneaux, on est les bouchers […]. (page 237)

C’est un roman dans lequel Dieu a choisi son camp :  » – Je crois en Dieu tout-puissant, mais même à Lui, je ne dirai rien. […] –  Je crois en Dieu aussi, docteur, mais même Lui travaille pour nous. » (page 110)  » Et du jour au lendemain, voilà le FIS qui débarquait dans le quartier, avec sa mairie et se marchés islamiques, et voilà qu’Azzedine renonçait à la boisson et au vol, troquait son éternelle veste en cuir contre la djellaba et s’indignait de son visage imberbe. » (page 242)

C’est le roman d’une guerre qui n’a jamais existé :  » Je me fous de ce que tu as fait, ici ou ailleurs. Tu n’existes plus. Vos histoires n’existent plus. Nous sommes dans un nouveau monde. Même moi je n’existe plus officiellement, mais il faut que cette guerre disparaisse, toi et moi aussi, c’est comme ça. Cette guerre n’a d’ailleurs jamais eu lieu. Les quelques traces sont dans nos têtes ou au cimetière, et il faut les effacer autant qu’on peut. Nous n’avons jamais existé. Nous ne sommes pas. » (page 116) « L’explosion a une odeur de baptême, un régénération. On efface tout dans la violence extrême de quelques secondes pour tout recommencer. La bombe est l’ultime mode de communication.  »  (page 208)  » Alors que lui ne connaissait les enseignants du lycée que par les bulletins scolaires trimestriels, où ils gribouillaient des « observations » aussi vagues que les conclusions hâtives au bas des rapports sur les gars que son service expédiait dans des tombes anonymes très tard la nuit. Parfois une bavure, d’autres fois après un interrogatoire poussé. Ils apposaient des mentions définitives, finales, que ses supérieurs du yacht regardaient négligemment en compulsant des centaines de rapports, comme la suite logique d’un exercice, la conclusion si banale et si évidente d’un conte, presque affligeante de monotonie : « disparu ». » (page 257)

C’est un roman dans lequel les enfants ont grandi trop vite :  » Son corps tremblait, corps d’adolescent trop étroit pour contenir une guerre et dissimuler un pistolet qui venait d’ôter l’âme d’un vivant. » (page 293) « Avec quelques naïves bribes de souvenirs d’enfance quand son père n’était qu’un père, quand sa mère n’était qu’une maman, pas un bloc de craintes. » (page 295)

 

C’est un roman d’Adlène Meddi, publié chez Rivages/Noir.

Ça vaut 20€00.

Y a 331 pages.

1994, bientôt dans votre bibliothèque !

C’était Jack NEVER, vous me tenez au courant, hein ?

FB

 

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